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la nuit du berry

 

Voilà c’est fait ! `

L'événement, puisque c’en est un, s’est déroulé sans la moindre difficulté. Près de 4 500 spectateurs ont pu apprécier ces Nuits du Berry et les éloges sont unanimes au point que nous sommes encore tout étonnés d’avoir réussi ce tour de force de réunir tant de monde sur scène et tant de spectateurs dans cette magnifique salle du Tarmac.

Lorsque le tambour a commencé à résonner, nos cœurs se sont mis à battre à l’unisson. Pendant plus de trois heures danseurs, chanteurs et musiciens ont su démontrer que le Berry pouvait être fier de sa culture passée, présente et future et qu’il acceptait ce métissage, en particulier musical, sans lequel toute tradition n’est plus que l’expression figée et poussiéreuse d’un hypothétique âge d’or.

Car il fallait oser cette alliance entre l’ancien et le moderne, entre une culture codifiée, parfois bridée par un strict respect d’une tradition érigée en dogme, et l’inventivité de figures de danse ou de musiques résolument nouvelles. Même si la bourrée à 64 ne correspond pas nécessairement à l’idée que certains puristes se font du passé, elle a su démontrer qu’il est possible d’incorporer des éléments attestés par tous comme les pas de base ou certaines figures chorégraphiques, à une mise en espace originale et visuellement novatrice. Quel bonheur de voir près de 170 danseurs évoluer dans une harmonie quasi parfaite (mais la perfection est-elle de ce monde ?), emplissant l’espace de leur énergie et de leur joie de danser ensemble. La diversité des costumes, reflet chatoyant des différents terroirs, rehaussée par un éclairage superbe ajoutait encore au côté festif de ces danses de groupe.

Et que dire de la musique, somptueuse sans grandiloquence, inventive sans discordance, interprétée à la perfection, une partition en très grande partie originale dont on peut affirmer qu’elle appartient déjà à cette nouvelle tradition tant elle a su amalgamer une composition parfois très classique et des alliances originales. Quel bel orchestre auquel, sur une ossature traditionnelle, on a su adjoindre de nouveaux instruments au point qu’on s’est pris à rêver en entendant des orchestrations quasi symphoniques. Les airs traditionnels, souvent joués par de petites formations, prenaient alors une ampleur inattendue qui permettait d’en redécouvrir de nouvelles facettes. Il faut aussi saluer la prestation du groupe Belle Germaine dont les interprétations ont emporté l’enthousiasme de la salle, y compris lorsqu’ils ont eu l’audace de mêler les tendances les plus actuelles à des compositions réputées traditionnelles. Qu’ils étaient forts ces « Ridiaux » qu’un éclairage plus actuel et plus urbain venait déchirer comme pour rappeler que par delà les années voire les siècles, la musique et le chant touchent à l’universel.

Le chant enfin, ponctuant le spectacle par la beauté de certaines polyphonies, valorisant le caractère enjoué de certaines ritournelles, s'immisçant dans la solennité de certains passages comme pour rappeler la simplicité et la beauté des voix nues. A titre d’exemple, nombreux sont les spectateurs qui ont ressenti une réelle émotion en entendant la valse lente du «boiteux» sur laquelle les couples dansaient avec sobriété, isolés dans leur rond de lumière, comme s’ils étaient seuls au monde et qu’ils accentuaient encore plus la solitude et la mélancolie du boiteux dont les voix pures et cristallines d’Alinéa susurraient la triste histoire.

Et puis, comme pour ponctuer cette histoire sans cesse recommencée de la vie dans et autour des bouchures, des évocations parlées, parfois nostalgiques, comme cet hommage assumé aux talents de conteur d’un Jean-Louis Boncœur, où ces échanges mettant en valeur l’expression du peuple des campagnes voire la poésie toute simple des amoureux de ce Berry immuable mais pourtant vivant.

Et je ne parlerais pas de ce qui nous a permis de poursuivre jusque fort tard dans la nuit ces moments de bonheur, ce bal où trois groupes (Tradioactif, La Bête Noire et Les Genoux) ont démontré l’éternelle jeunesse de ces musiques qui sont d’autant plus jeunes qu’elles s’autorisent à faire quelques infidélités aux canons arrêtés par les gardiens d’un musée qui a vu s’envoler cette couche de poussière sous laquelle on voulait l’enfermer. Le bal fut, à l’image du spectacle, joyeux, festif et surprenant pour beaucoup.

Rien de tout ce qui a émerveillé les spectateurs, le mot n’est pas trop fort car nous l’avons entendu et nous en sommes fiers, n’aurait pu être aussi parfait sans l’appui des nombreux bénévoles qui se sont donnés, depuis des mois, comme mission de rendre ce premier rendez-vous inoubliable. Et il faut rendre grâce à tous ceux qui, dans l’ombre, ont participé aux aspects plus techniques, moins gratifiant en apparence, mais au combien indispensables, qui ont fait que spectateurs et participants ont pu profiter pleinement de cette manifestation d’une ampleur qu’on n’avait jamais connue en Berry.

Enfin, il y a eu ce site, qui au fur et à mesure, vous a permis de participer à la montée de notre impatience à vous montrer ce dont nous étions capables. Merci à son webmestre qui a su, avec réactivité, continuer à alimenter ces pages qui sont devenues, aussi, les vôtres.

Les Nuits du Berry se sont achevées sur un sentiment de fierté et de joie mêlées. Mais la fête n’est pas finie et l’envie de se retrouver est présente, bien réelle. Car on ne peut avoir vécu ces instants inoubliables sans se dire que tout n’est qu’au début, au commencement d’un nouvel élan que rien, ni les très rares critiques que génère toujours la jalousie des grands succès, ni la potentielle lassitude face à l’investissement incroyable de tous les acteurs de cette manifestation, ni les commentaires politiquement mal venus sur l’emprise territoriale (le Berry est bien pour nous composé de l’Indre et du Cher et nous entendons bien à l’avenir le réaffirmer), ne pourront stopper.

Les Nuits du Berry sont mortes, vivent les Nuits du Berry, car c’est bien à l’image d’un nouveau règne, vers un nouveau départ et de nouvelles aventures que nous vous convierons.

Foi de chêne, on ne nous abattra pas aussi facilement, d’autant plus que nous avons la jeunesse avec nous et l’avenir devant nous.

 

 

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Se sont produits sur scène 240 participants :
170 danseurs, 40 musiciens et 30 chanteurs issus des groupes : Chants et Danses du Berry (Chateauroux), Les Sonneurs de la Vallée Noire (La Châtre), la Guérouée de Gâtines (Valencay), les Tréteaux du Pont-Vieux (Argenton), la Rabouilleuse (Issoudun)et les Gâs du Berry (Nohant), mais aussi des membres des Brioleux du Poinçonnet, de la Chaînée Castelloise du Châtelet, des Forestiens de la Forêt du Temple, de la Pastourelle de Saint Gaultier, des Thiaulins de Lignières et des écoles de danse d'Arthon, de Chassignoles, de Neuvy Saint Sépulchre et de Saint Denis de Jouhet et de nombreux particuliers amoureux de la culture berrichonne.
et avec : Alinéa, Belle Germaine et Cyril Huvé
Un bal a suivi le spectacle, avec La Bête Noire, Les Genoux et Tradioactif

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Renseignements : nuitduberry@gmail.com

dossier de Presse : cliquer ici

 


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